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19 Avril de 2005, Barcelona

Les nouvelles opportunités du tourisme rural passent par le pari sur la qualité et la diversification de l'offre



-La recherche ‘Le tourisme rural en Catalogne’, travail encouragé par la fondation abertis et réalisé par des chercheurs

Le Palau de la Musique Catalane a accueilli aujourd’hui la présentation du travail de recherche Le tourisme rural en Catalogne: un enjeu environnemental et de qualité, encouragé par la fondation abertis, réalisé par le groupe de recherche Tourisme en Espace Rural du Département de Géographie de l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et dirigé par la Dra. Gemma Cànoves. L’acte a compté sur la présence de la directrice générale du Tourisme de la Généralité, Isabel Galobardes, la doctoresse Gemma Cànoves, et le patron de la fondation abertis et Prix National de l’Environnement 2004, Dr. Matí Boada.

Galobardes a remercié la fondation abertis de sa sensibilité sur les questions relatives à l’environnement et elle a souligné l’importance de la collaboration entre le secteur public et privé ainsi que la " nécessité de stimuler la recherche et la connaissance dans le tourisme ". En plein processus de réflexion sur la nouvelle réglementation du tourisme rural, Galobardes a signalé que le nouveau décret de tourisme rural renforcera l'agrotourisme. " La création des Hébergements Ruraux Indépendants permettra de fixer la population, parce que ce nouveau produit contribuera à équilibrer des zones avec des déficits d'hébergement ", a ajouté la directrice. La Dra. Cànoves a insisté sur l’importance du transfert de connaissance entre l’Université, l’Entreprise Privée et l’Administration Publique pour que cette dernière puisse planifier et réglementer. Le Dr. Boada, de son côté, a inscrit l’impulsion de cette recherche dans l’intérêt de la fondation abertis à apporter des connaissances sur le territoire et son développement durable. Boada a mis l’accent sur la nécessité de conserver le binôme agriculture-tourisme et sur le rôle exercé par le tourisme rural dans la conservation du paysage et du territoire.

La nécessité de miser sur la qualité

L’établissement de critères de qualité pour la classification des maisons est la nécessité principale du tourisme rural en Catalogne si l’on veut améliorer les perspectives d’affaires des propriétaires et professionnaliser le secteur. Avec des critères de qualité communs, les propriétaires des établissements auront plus de facilités à promouvoir et commercialiser leur produit tant au niveau national qu’international. Les clients, de leur côté, disposeront de davantage d’éléments à l’heure d’effectuer leur réservation.

C’est l’une des conclusions de l’étude le Le tourisme rural en Catalogne, présentée aujourd’hui par la fondation abertis et réalisée par un groupe de chercheurs de l’Université Autonome de Barcelone dirigés par la doctoresse Gemma Cànoves. La principale nouveauté de cette recherche est que, pour la première fois, le secteur est analysé dans toute la Catalogne (les travaux précédents étaient à cadre régional) et ceci est fait tant du point de vue de l’offre que de la demande.

Il y a en Catalogne 1283 établissements de tourisme rural avec une offre de 10 131 places. Depuis les années quatre-vingt-dix, l’offre s’est décantée vers les Hébergements Ruraux Indépendants (ARIS) —qui supposent déjà 68 % des établissements— au détriment des Mas (M) et des Maisons de Village (CP). En d’autres mots, la tendance est à un tourisme rural éloigné de l’agrotourisme et “ moins pur ”, dans lequel on ne cohabite pas avec les propriétaires des établissements et il n’y a pas la possibilité de profiter des activités agraires.

Pour la majeure partie des propriétaires, l’affaire du tourisme rural est un revenu complémentaire. Les propriétaires qui peuvent vivre exclusivement de cette activité sont peu nombreux. Il s’agit d’une activité économique éminemment familiale, comme l’est également l’activité agricole. Les personnes de l’unité familiale qui se chargent de l’affaire du tourisme sont des femmes dans une bonne partie des cas (44 % des titulaires de l’affaire sont également des femmes). Il y a actuellement 10 % des propriétaires qui ont le tourisme rural comme activité économique principale, ce qui indique une certaine professionnalisation du secteur, comme cela s’est passé dans d’autres pays d’Europe.

En ce qui concerne les hôtes, leur profil est fondamentalement celui d’un voyageur catalan —et plus concrètement métropolitain— d’entre 30 et 40 ans. C’est un touriste qui voyage habituellement avec sa famille et qui se déplace normalement dans un véhicule particulier (plus de la moitié des maisons rurales sont à moins de deux heures de voiture de Barcelone). Son séjour moyen est de trois jours et il apprécie le calme des lieux, la nature et le paysage, et le bon rapport qualité-prix.

Ce tourisme présente les mêmes paramètres de saisonnalité que les établissements hôteliers, les week-ends, les ponts et l’été étant les dates d’occupation maximale. 31 % seulement des maisons sont occupées plus de 100 jours par an.

Conclusions et recommandations recueillies dans l’étude

-Le tourisme rural est un produit à création récente en Catalogne, les premières maisons ont été mises en fonctionnement en 1983 et depuis lors cette activité a expérimenté une croissance constante, en atteignant en 2004, 1283 établissements avec une offre de 10 131 places.

-Les trois figures de tourisme rural qui sont reprises dans la législation catalane, sont dénommées Mas (MA), Maisons de Village (CP) et Hébergements Ruraux Indépendants (ARI). Les Mas et Maisons de Village sont caractérisés par l’hébergement dans la maison même des agriculteurs, alors que pour les ARI, il s’agit de la location d’une maison complète, avec un contact minime avec les agriculteurs. 68 % de l’offre du tourisme rural est occupée par la modalité d’ARI et, ces dernières années, l’augmentation de cette modalité a été exponentielle.

-La distribution territoriale de cette activité est concentrée dans la Catalogne dénommée humide et dans les Pyrénées.

-Il n’existe pas en Catalogne une classification officielle par niveaux de qualité des maisons, bien que certaines associations aient commencé celles de leurs propres maisons.

-La saisonnalité du secteur présente les mêmes lignes que dans le secteur hôtelier et la moyenne d’occupation annuelle est entre 100-150 jours par an, avec des pointes d’occupation à Noël, à Pâques et en Été, bien que les week-ends et les ponts soient également importants.

-À l’heure actuelle, ce n’est pas une activité dont on puisse vivre, pour la majeure partie des propriétaires c’est un revenu complémentaire. Néanmoins, un petit groupe de propriétaires (10 %) commence à apparaître, qui trouvent dans le tourisme rural leur activité principale, ce qui indique une certaine professionnalisation du secteur, comme cela s’est produit dans d’autres pays d’Europe.

-Le tourisme rural est en Catalogne une activité éminemment familiale, il ne peut en être autrement, puisque l’agriculture qui le soutient est également familiale. Les personnes de l’unité familiale qui s’en chargent, dans 80 % du tourisme rural, sont les femmes, ce qui représente pour elles un revenu complémentaire et pouvoir rendre compatibles les soins à la famille avec un revenu et une indépendance personnelle et économique.

-Le profil de l’utilisateur du tourisme rural, se caractérise par une personne qui voyage avec sa famille, en couple ou avec des amis, qui habite une ville de plus de 500 000 habitants, avec un niveau de revenus moyen-haut, qui a entre 30-40 ans et qui apprécie le calme, la nature et le paysage. Il utilise la voiture comme transport (86 %) et réalise un séjour de courte durée (3 jours). Ce touriste est principalement local et national. C’est dans la période d’été où il y a la plus grande affluence de touristes internationaux, majoritairement des français, des allemands et des hollandais.

-Les propriétaires mettent en avant des déficits importants dans la signalisation des maisons sur les routes, ainsi que le manque de chemins convenablement goudronnés pour y accéder. Par ailleurs, ils constatent la rareté des aides de l’administration pour mettre en marche une maison de tourisme rural, l’absence d’une centrale de réservations au niveau de la Communauté Autonome et les aides réduites pour la promotion et la commercialisation du produit au niveau national et international.

-En Catalogne, le rôle des associations est très important, et elles s’organisent au niveau des fédérations et associations. 84 % des maisons appartiennent à une association de tourisme rural. Les associations, promeuvent et diffusent l’information, aident à canaliser les aides de l’administration, organisent des cours de professionnalisation et collaborent à l’amélioration et à la qualité des maisons de tourisme rural.






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